Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/165

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CHAPITRE XLII


Napoléon revint à Paris, mais il fallut bientôt repartir pour l’Espagne. Nous laisserons, comme à l’ordinaire, l’histoire générale de la guerre qui exige de longs détails. Il passa plusieurs revues aux portes de Madrid. Comme à son ordinaire, il se trouva au milieu d’un peuple nombreux et, même une fois, au milieu d’une forte colonne de prisonniers espagnols. Ces fanatiques, vaincus, déguenillés et brûlés du soleil avaient des figures horribles.

M. de Saint-Simon, grand d’Espagne, ancien membre de l’Assemblée Constituante, avait combattu dans Madrid contre les Français. Napoléon avait une politique arrêtée à l’égard des Français qui portent les armes contre la patrie. M. de Saint Simon fut arrêté et condamné à mort par une commission militaire. L’empereur ne pouvait avoir aucun sentiment de haine envers un homme qu’il ne connaissait point et qui n’était pas au nombre des personnages dangereux. La politique seule avait marqué la victime.