Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/166

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M. de Saint-Simon avait une fille qui adoucissait son exil et les peines de sa vieillesse par les soins les plus tendres. Les dangers de son père l’amenèrent aux pieds de Napoléon. Tout se disposait pour le supplice ; le dévouement de cette pieuse fille l’emporta contre un parti pris qui semblait irrévocable, car il était appuyé non sur les passions, mais sur la raison et sur le souvenir de Saint-Jean-d’Acre.

Ce bel acte de clémence fut facilité par le major général et les généraux Sebastiani et Laubardière. Toute l’armée trouvait la guerre d’Espagne injuste ; à cette époque elle n’était pas encore irritée par de nombreux actes de traîtrise[1]. À la retraite d’Oporto, en 1809, un hôpital français très nombreux fut massacré avec des circonstances horribles. À Coïmbre, plusieurs milliers de malades et de blessés finirent de même d’une manière trop atroce pour être rapportée. Ailleurs, on noyait de sang-froid dans le Minho sept cents prisonniers français. Il y a des centaines d’anecdotes de ce genre et qui compromettent des gens qu’on a encore

  1. « Notre maxime était que tromper avec adresse, sans déguiser entièrement la vérité, un homme aussi faux que Napoléon, était une action digne d’éloges bien loin d’être blâmable. » Escoïquiz, p. 124.