Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/178

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autres que militaires, homme aimable et doux dans un salon, était, dans le cabinet, de la plus incurable médiocrité. Non seulement il n’avait pas de grandes visées, mais il ne les comprenait pas. Tout se rapetissait en passant par cette tête. Il avait tout juste les talents d’un journaliste, métier par lequel il avait débuté à Paris. Il est vrai que sa place l’obligeait à être nuit et jour avec le maître. Un homme à caractère eût été offensé des accès d’humeur et des impatiences de l’empereur et, quelque courtisan qu’il eût été, sa physionomie eût gêné le monarque.

Le duc de Bassano choisit tous les préfets de France et ne leur demanda d’autre talent que de plumer la poule sans la faire crier. Les malheureux, pleins de vanité, se tuant de travail, et mangeant tous leurs appointements dans une représentation folle, tremblaient chaque matin, en ouvrant le Moniteur, d’y trouver leur destitution. Un de leurs principaux moyens de plaire, était d’anéantir jusqu’à la dernière étincelle d’esprit public qui s’appelait alors comme aujourd’hui, du jacobinisme.