Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/183

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que pendant l’apparition du gouvernement fronçais. Tout homme qui voulait travailler était sûr de faire fortune. Il se présentait en foule des acheteurs pour tous les objets. La justice et le travail, mis en honneur, faisaient pardonner la conscription et les droits réunis.

Le Conseil d’État de l’empereur sentait bien que le seul système raisonnable était que chaque département payât son préfet, son clergé, ses juges, ses routes départementales et communales et qu’on n’envoyât à Paris que ce qu’il fallait pour le souverain, les armées, les ministres, et enfin les dépenses générales[1].

Ce système si simple était la bête noire des ministres. L’empereur n’aurait plus pu voler les communes et c’est là, en France le grand plaisir des souverains[2]. Lorsque la nation ne sera plus dupe des phrases[3], on y viendra, et même le roi ne choisira les

  1. Serviles ajoutés au Conseil d’État : Chauvelin, Fréville de Néville.
  2. On s’étonnait de voir le duc de Choiseul tenir ainsi longtemps contre Mme Dubarry. Au moment ou il paraissait le plus chanceler, il se procurait un travail avec Louis XV, et il lui demandait ses ordres relativement à cinq ou six millions d’économie qu’il avait faits dans le département de la guerre, observant qu’il n’était pas convenable de les envoyer dans le trésor royal, le roi entendait ce que cela voulait dire et lui répondait : « Parlez à Bertin, donnez-lui trois millions en tels effets, je vous fais présent du reste. » Le roi n’était pas sûr que le successeur lui offrît les mêmes facilités.
  3. C’est-à-dire lorsqu’elle aura la liberté de la presse.