Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/185

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CHAPITRE XLVIII

DES MINISTRES


Le grand malheur de Napoléon est d’avoir eu sur le trône trois des faiblesses de Louis XIV. Il aima jusqu’à l’enfantillage la pompe de la cour ; il prit des sots pour ministres et, s’il ne croyait pas les former, comme Louis XIV disait de Chamillard, il crut du moins que quelle que fût l’ineptie des rapports qu’ils lui faisaient, il saurait démêler le vrai jour de l’affaire. Enfin Louis XIV craignit les talents ; Napoléon ne les aimait pas. Il partait de ce principe qu’il n’y aurait jamais en France de faction forte que les Jacobins.

On le voit renvoyer Lucien et Carnot, hommes supérieurs qui avaient précisément les parties qui lui manquaient. On le voit aimer ou souffrir Duroc, le prince de Neuchâtel, le duc de Massa, le duc de Feltre, le duc de Bassano, le duc d’Abrantès, Marmont, le comte de Montesquiou, le comte de Cessac, etc., etc., tous gens parfaitement honnêtes et fort estimables