Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/212

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trait malin : cela le désolait. Quelquefois le courage allait jusqu’à la chanson ; alors il était sombre pour huit jours et maltraitait les chefs de ses polices[1]. Ce qui envenimait ce chagrin, c’est qu’il se trouvait fort sensible au plaisir d’avoir une cour.

Son second mariage découvrit une nouvelle faiblesse dans son caractère. Il était chatouillé de l’idée que, lui, lieutenant d’artillerie, était arrivé à épouser la petite-fille de Marie-Thérèse. La vaine pompe et le cérémonial d’une cour semblaient lui faire autant de plaisir que s’il fût né prince. Il en vint à ce point de folie d’oublier sa première qualité, celle de fils de la Révolution. Frédéric, roi de Wurtemberg et véritable roi, lui dit dans un de ces congrès que Napoléon tenait à Paris pour justifier aux yeux des Français le titre d’empereur : « Je ne vois pas à votre cour des noms historiques ; je ferais pendre tous ces gens-là ou je les mettrais dans mon antichambre. » C’est peut-être le seul conseil capital que Napoléon ait jamais

  1. La chanson de Michaud :

    Ce héros vaut son pesant d’or,
    En France personne n’en doute,
    Mais il vaudrait bien plus encor
    S’il valait tout ce qu’il nous coûte (bis).

    La chanson de ce plat Martainville qui lui fit recevoir des douches à Charenton par la protection spéciale du duc de Rovigo.