Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/253

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CHAPITRE LXI


Les Alliés, arrivés à Francfort, parurent étonnés de leur fortune. Ils délibérèrent d’abord de se porter en Italie. Le sol français leur faisait peur. Ils avaient toujours devant les yeux la retraite de Champagne. Enfin ils osèrent passer le Rhin (4 janvier 1814).

Napoléon était depuis longtemps à Paris. Sa principale affaire était, je crois, de se rassurer contre la peur que lui faisait le peuple français. Il ne faisait de décrets que pour avoir des habits, des fusils, des souliers comme si le moral n’était rien. Son but fut de sortir de cet embarras, sans s’écarter de la majesté. Pour la première fois de sa vie il parut petit. Ses pauvres secrétaires-rédacteurs, qu’il appelait ministres, avaient peur de recevoir des coups de pincettes dans les jambes et n’osaient souffler.

L’empereur créa la garde nationale. Si la France a une autre Terreur, ce qui est fort possible si on laisse faire les prêtres et les nobles, la garde nationale servira à la rendre moins horrible que la