Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/257

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CHAPITRE LXII


À Paris, le matin du 24 janvier, Napoléon fut grand comme acteur tragique. Un voile sombre commençait à descendre sur les destinées de la France. La confiance du chef faisait la confiance du peuple. Dès que la crainte paraissait, tous les yeux se tournaient vers lui.

Il passait une revue de la garde nationale de Paris, dans cette cour du Carrousel où l’Europe entière était venue assister aux évolutions de la garde ; il était devant cet arc de triomphe, orné de ces nobles trophées qu’il devait si tôt perdre. Il paraît que l’éloquence des lieux agit sur lui ; il se sentit attendri ; il fit dire aux officiers de la garde nationale de monter à la salle des maréchaux. Tous crurent un moment qu’il allait leur proposer de sortir de Paris et de marcher à l’ennemi. Tout à coup, il sort de la Galerie de la Paix et paraît avec son fils dans ses bras ; il leur présente le jeune roi de Rome : « Je vous confie cet enfant, l’espoir de la France ; pour moi, je vais combattre