Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/271

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balcons étaient remplis ; les dames étaient enchantées de ce spectacle. À la vue des souverains, elles agitaient une foule de mouchoirs blancs. Toutes voulaient voir et peut-être avoir l’empereur Alexandre. Je montai sur le grand balcon de Nicolle, le restaurateur. Les dames admiraient la bonne mine des Alliés et leur joie était au comble.

Les soldats alliés, pour se reconnaître dans une si grande variété d’uniformes, portaient un mouchoir blanc au bras gauche. Les parisiens crurent que c’était l’écharpe des Bourbons ; aussitôt ils se sentirent tous royalistes.

La marche de ces superbes troupes dura plus de quatre heures. Cependant des signes de royalisme ne s’observaient encore que dans le grand carré formé par le boulevard, la rue de Richelieu, la rue Saint-Honoré et la rue du faubourg Saint-Honoré.

À cinq heures du soir, M. de Maubreuil, actuellement en Angleterre, mit sa croix de la Légion d’Honneur à l’oreille de son cheval, et entreprit, à l’aide d’une corde, de renverser la statue qui couronnait la colonne de la place Vendôme. Il y avait là assez de canaille. Un de ces gens monta sur la colonne pour donner des coups de canne à la statue colossale.