Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/272

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CHAPITRE LXIX


L’empereur Alexandre vint loger chez M. de Talleyrand. Cette petite circonstance décida du sort de la France[1]. Cela fut décisif. M. ***[2] parla à ce souverain dans la rue et lui demanda de restituer à la France ses souverains légitimes. La réponse ne fut rien moins que décisive. Le même personnage fit la même demande à plusieurs généraux également dans la rue ; les réponses furent encore moins satisfaisantes. Personne ne songeait aux Bourbons ; personne ne les désirait ; ils étaient inconnus. Il faut entrer dans le détail d’une petite intrigue. Quelques gens d’esprit, qui ne manquaient pas de hardiesse, pensèrent qu’on pourrait bien gagner au milieu de toute cette bagarre, un ministère ou une gratification. Ils ne furent pas pendus ; ils réussirent ; mais ils n’ont eu ni ministère, ni gratification[3].

  1. Et probablement de celui de l’Europe d’ici à 1888.
  2. Stendhal avait d’abord écrit : Demosthène de la Rochefoucauld. Nom qu’il a barré en écrivant au dessous : « Par prudence trois étoiles : M*** ». N. D. L. É.
  3. Oublié l’Italie dans l’abdication.