Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/288

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de toutes les vertus, arriva à Saint-Ouen. Malheureusement, pour nous, il n’osa pas se confier à ses lumières qui cependant sont si supérieures[1]. Il crut devoir s’entourer de gens qui connussent la France. Il estimait, comme tout le monde, les talents du duc d’Otrante et du prince de Bénévent. Mais sa magnanimité lui fit oublier que la loyauté n’était pas le trait marquant du caractère de ces gens. Ils se dirent : « Il est impossible que le roi puisse se passer de nous. Laissons-le essayer de gouverner par lui-même ; nous serons premiers ministres dans un an. » Il n’y avait qu’une chance contraire et qui s’est présentée deux ans plus tard : c’est que le roi trouvât un jeune homme de plus grand talent dont il pût faire un grand ministre.

En 1814, l’homme gangrené qui possédait la confiance du roi, donna à la France les ministres les plus plaisants qu’elle eût vus depuis longtemps. L’intérieur, par exemple, fut confié à un homme plus aimable à lui seul que tous les ministres un peu rudes de Napoléon, mais qui croyait fermement qu’habiter l’hôtel du ministre de l’intérieur et y dîner, c’était être ministre de l’intérieur. La Révolution dans

  1. Style niais.