Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/290

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



CHAPITRE LXXVI


Nous oserons parler avec une demi liberté de quelques-unes des fautes de ce ministère. Par la charte, comme par le vœu de nos cœurs, le roi est inviolable et il l’est surtout parce que ses ministres sont responsables. Le roi ne connaissait encore en France ni les hommes ni les choses. Son gouvernement de 1818 prouve ce que sa haute sagesse peut faire quand elle n’est pas égarée par des guides aveugles.

Louis XVIII arriva à Saint-Ouen[1]. Il devait purement et simplement accepter la constitution du sénat. Bonaparte ayant, en quelque sorte, par sa tyrannie, abdiqué la qualité de fils de la Révolution, Louis trouvait une heureuse occasion de s’en revêtir. La démarche dont il est question parait à tout pour le moment, et n’empêchait pas son troisième ou quatrième successeur, une fois les dangers passés, de s’intituler Roi par la grâce de Dieu et de parler de légitimité. Quant au roi, son

  1. Ce qui suit est fidèlement traduit de l’Histoire des Cent Jours par J. Hobhouse.