Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/292

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France tout ce qui était arrivé durant son absence, le roi promit d’observer fidèlement la charte constitutionnelle, que « par le libre exercice de l’autorité royale, il avait accordée et accordait, avait octroyée et octroyait à ses sujets[1] ».

Il faut savoir que les conseillers du roi, en portant ce prince à refuser par sa proclamation de Saint-Ouen la constitution du sénat, lui en avaient fait faire une sorte d’extrait qu’il promettait d’accorder au peuple. Après l’entrée de S. M., on rassembla place Vendôme un bureau composé d’une trentaine de beaux esprits, législateurs les plus moutons que l’on put trouver ; ils mirent cet extrait en articles et firent la charte sans même se douter de ce qu’ils écrivaient. Aucun de ces pauvres gens n’eut l’idée qu’il faisait une transaction entre les partis qui divisaient la France. Le roi leur recommanda souvent de stipuler loyalement l’exécution de toutes les promesses de sa proclamation de Saint-Ouen. C’est cette constitution faite au hasard que le chancelier fit précéder du sage discours dont on vient de lire l’extrait.

Au milieu de cet accès de niaiserie qui s’était emparé de la capitale de la France,

  1. Chercher les termes propres. — To take the words in the Moniteur.