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CHAPITRE LXXIX


1. L’article 260 du Code pénal maintenu par la charte défend, sous peine de prison et d’amende, de forcer les Français à célébrer les fêtes ou dimanches et à discontinuer leur travail. Une ordonnance de police ordonna précisément le contraire et en termes ridicules. Elle prescrivait à tous les Français de quelque religion qu’ils fussent, de tendre le devant de leurs maisons dans toutes les rues où devaient passer les processions du Saint-Sacrement.

On ne manqua pas de faire de ces processions qui furent la risée de tous les partis. Tant que la religion catholique n’aura pas de bonnes places à donner, elle sera ridicule en France. Personne n’y croit plus depuis longtemps. La religion est à jamais perdue en France depuis que l’abbé Maury a voulu la faire servir de bouclier aux privilèges des nobles.

2. Le 10 de juin, six jours après la charte qui promettait la liberté de la presse (article 8), parut l’ordonnance du ministre de l’intérieur qui rétablissait la censure.