Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/301

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autre et les deux autres mettent leur vanité à partager les sentiments de l’armée. À cette époque, des anecdotes fâcheuses commencèrent à circuler. Un duc royal demande à un officier quelles campagnes il a faites. — « Toutes. » — « Avec quel grade ? » — « Comme aide de camp de l’empereur. » On lui tourne le dos. À la même question, un autre répond qu’il a servi vingt-cinq ans. — « Vingt-cinq ans de brigandages. » La garde déplaît dans une manœuvre ; on dit à ces vieux soldats, illustrés par tant de victoires, qu’il faut qu’ils aillent en Angleterre apprendre à manœuvrer des gardes du roi d’Angleterre.

Des soldats suisses sont appelés à Paris, tandis qu’on met des soldats français à la demi-solde. Six cents nobles, pour lesquels les Parisiens trouvèrent le nom, devenu si célèbre, de voltigeurs de Louis XIV, et pareil nombre d’enfants, sortis à peine du collège, sont recouverts d’habits ridicules inventés par le cardinal de Richelieu, et gardent la personne du roi qui semble se défier de sa garde. Dès qu’on a un corps privilégié à Paris, on doit s’attendre à des insolences et il faut savoir les empêcher comme Napoléon. Les scènes du café Montansier irritèrent vivement la vanité nationale.