Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/302

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La vieille garde impériale, ce corps si brave et si facile à gagner, est outrageusement exilée de la capitale. Le maréchal Soult, ministre de la guerre, veut la rappeler ; un contre-ordre, mille fois plus outrageant que la première mesure, l’arrête à moitié chemin. Les Chouans, ces gens liés avec l’étranger, sont dans la plus haute faveur[1].

On supprime l’établissement pour les orphelins de la Légion d’Honneur ; on fait pis : on le rétablit par faiblesse.

On vend publiquement la Légion d’Honneur ; on fait plus : pour l’avilir, on la jette aux gens les plus étrangers à la chose publique, par exemple à des parfumeurs du Palais-Royal. L’armée des Bourbons ne s’élève pas à 84.000 hommes, et on y met pour officiers 5.000 vieux émigrés ou jeunes nobles imberbes.

  1. Hobhouse, I, p. 88.