Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/305

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rent beaucoup à chasser certains membres de la Cour de cassation. Dans les palais des rois, on est toujours en avant de l’opinion que l’on suppose au prince[1].

11. Une niaiserie encore plus incompréhensible, pour qui n’a pas connu les meneurs de cette époque, fut celle de chasser quinze membres de l’Institut. Ce coup d’État si ridicule devint important par les conséquences. Il frappa la nation ; ce fut l’avant-dernière goutte du vase qui va déborder ; le lendemain, s’il l’avait pu, le peuple français eût chassé les Bourbons. Or que faisait et aux Bourbons et aux Français, que les noms suivants fussent de l’Institut : Guyton-Morveau, Carnot, Monge, Napoléon Bonaparte, Cambacérès, Merlin, Rœderer, Garat, Sieyès, le cardinal Maury, Lucien Bonaparte, Lakanal, Grégoire, Joseph Bonaparte et David ?

Ce qu’il y eut d’incroyable, c’est qu’on trouva à remplacer les éliminés. Il y eut des gens qui consentirent à entrer par ordonnance, dans un corps qui n’est quelque chose que par l’opinion. Du temps des d’Alembert et des Duclos, il n’en eût pas

  1. On n’aime pas la liberté de la presse, mais on est trop faible pour l’empêcher. L’air de braver le gouvernement donne du piquant au journal Le Nain Jaune et ce qui… *

    * La fin de la note a été coupée à la reliure.