Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/314

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nuit, à une heure indiquée. Il était si tard que le colonel ne put pas finir l’embarquement de ses hommes avant 7 heures et demie. On partit aussitôt. Il arriva avec sa petite flotte au brick impérial l’Inconstant qui était sous voiles. En montant pur le pont, il trouva l’empereur qui l’accueillit par les questions : « Comment cela va-t-il ? Où est votre monde ? »

Le colonel Jermanowski apprit de ses camarades que la garnison de Porto Ferraio n’avait reçu l’ordre de s’embarquer que le même jour à une heure, qu’ils n’avaient été à bord qu’à quatre heures, que l’empereur avec les généraux Bertrand, Drouot et son état-major était arrivé à huit, qu’alors un seul coup de canon avait donné le signal et qu’on avait mis à la voile. La flottille était composée de l’Inconstant de vingt-six canons, de l’Étoile et de la Caroline, bombardes, et de quatre felouques. Il y avait sur l’Inconstant quatre cents hommes de la vieille garde. Personne ne savait où l’on allait. Les vieux grenadiers, en quittant le rivage pour monter à bord, avaient crié : « Paris ou la mort. »

Le vent qui était au sud et d’abord assez vif, tomba bientôt au calme plat. Lorsque le jour parut, on n’avait fait que six lieues et la flottille se trouvait entre