Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/313

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CHAPITRE LXXXV


Le baron Jermanowski, colonel des lanciers de la garde, fit le récit suivant à son respectable ami, le général Kosciusko[1]. C’était la bravoure parlant en présence de l’héroïsme.

Le colonel commença par dire qu’il commandait à Porto Longone, où il avait, outre ses lanciers, une garnison de trois cents fantassins. Six jours avant le départ, l’empereur le fit demander pour savoir le nombre de bâtiments qui se trouvaient dans son port. Il reçut l’ordre de les noliser, de les approvisionner et d’empêcher la sortie de la moindre barque. Le jour avant l’embarquement, il reçut ordre de payer trois mille francs pour une route que Napoléon faisait ouvrir. Il avait presque oublié l’embargo quand, le 26 février, pendant qu’il travaillait à son petit jardin, un aide de camp de l’empereur lui apporta l’ordre d’embarquer tous ses hommes à six heures du soir et de rejoindre la flottille devant Porto Ferraio, cette même

  1. Hobhouse, p. 115. Voir les récits du Moniteur qui sont exacts.