Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/316

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drait pas laisser passer l’Inconstant sans le visiter. Le Zéphir (ainsi s’appelait le brick au pavillon blanc), arrivait à pleines voiles sur l’Inconstant  ; les deux vaisseaux passèrent bord à bord. Le capitaine Andrieux[1] étant hélé par le lieutenant Taillade, de l’Inconstant, qui était de ses amis, se contenta de demander où allait l’Inconstant. — « À Gênes, » répondit Taillade, et il ajouta qu’il se chargerait avec plaisir de ses commissions s’il en avait. Andrieux répondit que non, et en partant cria : « Comment se porte l’empereur ? » Napoléon lui-même répondit : « parfaitement bien », et les bâtiments se séparèrent.

Le vent augmenta pendant la nuit du 27, et le 28 février[2], à la pointe du jour, on aperçut les côtes de Provence. On avait en vue un vaisseau de 74, faisant voile apparemment pour la Sardaigne[3]. Le colonel Jermanowski dit que, jusqu’à ce moment, on croyait généralement sur la flottille qu’on allait à Naples. Beaucoup de questions furent faites par les soldats aux officiers, et même par les officiers à l’empereur qui ne répondait pas. À la fin, il dit en souriant : « Eh bien, c’est la

  1. Voir la Biographie.
  2. À vérifier dans Hobouse. Quand, le 28, ou le 1er mars ?
  3. Ce tour est-il juste ? ne veut-il pas dire partant ?