Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/317

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France ! » À ce mot tout le monde l’entoura pour savoir ses ordres. La première mesure qu’il prit fut d’ordonner à deux ou trois commissaires de sa petite armée de préparer leurs plumes et leur papier. Ils écrivirent sous sa dictée les proclamations à l’armée et aux Français. Quand elles furent écrites, on les lut tout haut. Napoléon fit plusieurs corrections. Il se les fit relire de nouveau et les corrigea encore ; enfin après dix révisions au moins, il dit : « Cela va bien, faites-en des copies. » À cette parole, tous les soldats et les matelots qui savaient écrire se couchèrent sur le pont. On leur distribua du papier, et ils eurent bientôt fait un nombre de proclamations suffisant pour qu’elles pussent être publiées au moment du débarquement. On s’occupa ensuite de faire des cocardes tricolores. On n’eut qu’à couper le bord extérieur de la cocarde de l’île d’Elbe. D’abord, à l’arrivée dans l’île, la cocarde de l’empereur avait été encore plus semblable à la française. Il la changea dans la suite, pour ne pas éveiller le soupçon. Durant ces divers arrangements, et en général, pendant toute la dernière partie du voyage, les officiers, les soldats et les marins entouraient Napoléon qui dormait peu et se tenait presque toujours sur le pont.