Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/53

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



CHAPITRE XIV


Quant à l’action bien autrement grave d’abandonner son armée en Égypte, c’était un crime envers le gouvernement d’abord, que ce gouvernement pouvait punir légitimement. Mais ce ne fut pas un crime envers son armée, qu’il laissa dans un état florissant, ainsi que le prouve la résistance qu’elle opposa aux Anglais. On ne peut lui reprocher que l’étourderie de ne pas avoir prévu que Kléber pouvait être tué, ce qui, dans la suite, livra l’armée à l’ineptie du général Menou.

Le temps nous fera connaître si, comme je le crois, Napoléon fut rappelé en France par les avis de quelques patriotes habiles, ou s’il se détermina à cette démarche décisive uniquement par ses propres réflexions[1]. Il est agréable pour les grands cœurs de considérer ce qui dut

  1. C’est une question très intéressante qu’il faut tâcher d’éclaircir dans un ouvrage tel que celui-ci. (Note de Vismara.)

    Réponse : on ne peut rien faire avant la publication des mémoires de Lucien, Sieyès et Barras. (Note de Stendhal.)