Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/60

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siècles. Le malheureux Péruvien gémirait encore sous le joug de fer de l’Espagnol, et les rois vainqueurs eussent donné dans les délices de la cruauté, comme à Naples[1].

De tous les côtés, la France était donc sur le point de disparaître dans les abîmes sans fonds où, de nos jours, nous avons vu la Pologne engloutie.

Si jamais des circonstances quelconques pouvaient prescrire les droits éternels qu’a tout homme à la liberté la plus illimitée, le général Bonaparte pouvait dire à chaque Français : « Par moi, tu es encore Français ; par moi, tu n’es pas soumis à un juge prussien, ou à un gouverneur piémontais ; par moi, tu n’es pas esclave de quelque maître irrité et qui a sa peur à venger. Souffre donc que je sois ton empereur. »

Telles étaient les principales pensées qui agitaient le général Bonaparte et son frère la veille du 18 brumaire (9 novembre 1799) ; le reste était relatif aux moyens d’exécution.

  1. Prudence. Supprimer [cette] phrase.