Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/77

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CHAPITRE XXIII


Mais, en passant de son administration à ses institutions, le tableau change de couleurs. Là, tout est lumière, tout est bonheur, tout est franchise, ici tout est incertitude, tout est mesquin, tout est hypocrisie.

Ses fautes en politique peuvent s’expliquer en deux mots : il eut toujours peur du peuple et il n’eut jamais de plan. Cependant, guidé à son insu par la justesse naturelle de son esprit et par le respect qu’il eut toujours pour l’Assemblée Constituante, ses institutions furent libérales. Il est vrai, un Corps Législatif muet, un Tribunat qui peut parler, mais non voter, un Sénat qui délibère en secret, sont ridicules, car un gouvernement ne peut être à moitié celui de l’opinion. « Mais, nous disions-nous, il faut des Romulus pour fonder des États, et il vient ensuite des Numa. » Il était facile, à sa mort, de perfectionner ces institutions et de leur faire produire la liberté. D’ailleurs elles avaient l’immense avantage pour les Français de faire oublier tout ce qui était ancien. Ils