Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/85

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de passants qui se trouvèrent dans la rue. La voiture du consul, qui n’était encore qu’à une vingtaine de pieds de la charrette, fut sauvée parce qu’elle se trouva avoir tourné l’angle de le rue de Malte[1]. Napoléon a toujours cru que le ministre anglais Windham avait prêté la main à cette entreprise. Il le dit à Fox dans la fameuse conversation que ces deux grands hommes eurent aux Tuileries. Fox nia beaucoup, puis se rabattit sur la loyauté connue du gouvernement anglais. Napoléon, qui l’estimait infiniment, eut la politesse de ne pas rire[2].

La paix avec l’Angleterre, qui survint sur ces entrefaites, arrêta les machinations des royalistes, mais, bientôt après, quand la guerre se renouvela, leurs complots recommencèrent. Georges Cadoudal[3], Pichegru et d’autres émigrés arrivèrent secrètement à Paris. Le tranquille Moreau, entraîné par les propos des officiers de son état-major qui voulaient faire un ambitieux de leur général, se persuada qu’il était ennemi du premier consul et

  1. Ici las Cases.
  2. On saura plus tard la vérité. En attendant, on peut lire les Mémoires du comte de Vauban, qui fut le général Lannes des émigrés, et les pamphlets de M. de Montgaillard.
  3. La famille de Cadoudal vient d’être anoblie par S. M. Louis XVIII.