Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/84

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CHAPITRE XXIV


La modération du premier consul, si différente de la violence des gouvernements précédents, remplit les royalistes d’espérances folles et sans bornes. Le Cromwell de la Révolution venait de paraître ; ils furent assez simples pour voir en lui un général Monk. Revenus de leur erreur, ils cherchèrent à venger leurs espérances trompées, et l’on eut la machine infernale. Un tonneau sur une petite charrette fut confié, par un inconnu, à un jeune enfant. C’était à l’entrée de la rue Saint-Nicaise, il était nuit ; l’inconnu, voyant la voiture du premier consul sortir des Tuileries pour aller à l’Opéra, s’éloigna rapidement. Le cocher du consul, au lieu de s’arrêter devant la petite charrette qui barrait un peu le chemin, n’hésita pas à pousser ses chevaux au galop, au risque de renverser la charrette[1]. Deux secondes après, elle éclata avec un fracas épouvantable, lançant au loin les membres du malheureux enfant et d’une trentaine

  1. Voir las Cases.