Page:Stevens - Fables, 1857.djvu/25

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


XI.

LE CHIEN, LE COQ ET LE RENARD.


Un chien aimait un coq, et ces deux personnages,
Travaillés à l’envi par la soif des voyages
Quoique se piquant d’être sages,
Un jour quittèrent leur logis.
C’était un beau couple d’amis.
Jamais humeur ne fut plus douce et plus égale ;
Les mêmes goûts les avaient réunis.
On eût dit à les voir côte à côte, Euryale
Allant avec Nisus chasser le cerf léger.
Maintenant, cher lecteur, sans nous décourager,
— Tantôt à travers les campagnes,
Tantôt gravissant les montagnes, —
Avec ces coureurs-là nous allons voyager
Jusqu’à ce jour enfin où grâce à son astuce
Le coq sut déjouer la ruse
D’un renard imprudent qui voulait l’égorger.
Mais n’anticipons pas et racontons la chose :
Nos amis campaient dans un bois :
Il faisait nuit. C’était l’heure où chacun repose :
Les oiseaux dans leurs nids, les hommes sous leurs toits.
Le coq, suivant son habitude,
Sur un arbre dormait perché.
Dans cet arbre creusé par la décrépitude
Le chien s’était aussi couché.
Aucun bruit ne troublait leur douce solitude
Et Morphée à nos deux héros