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XVII.

LE LIÈVRE ET LA TORTUE.


Un lièvre, léger de la tête,
Rencontra la tortue un jour en son chemin :
« Ah la sotte figure ! ah la plaisante bête !
« Où s’en-va-t-elle de ce train !
« S’écria le coureur en se trémoussant d’aise.
« Hola ! Ho ! s’il vous plaît, craignez-vous le larron
« Que vous portez ainsi partout votre maison ?…
« Vous devez, ma commère, en sentir du malaise.
« Sans doute vous n’allez pas loin ?… »
— « Mon cher ami, répondit la tortue,
« De mon fardeau ne soyez pas en soin
« Ma force vous est inconnue.
« Je parais lente, n’est-ce pas ?…
« Eh bien ! mon beau courrier, désignez une place
« Nous verrons qui de nous peut parcourir l’espace
« Le plus tôt… Je le dis sans le moindre embarras… »
— « Radotez-vous, la vieille ?… Oubliez-vous, grand-mère,
« Que lorsqu’un lièvre court, la brise est moins légère ;
« Je vais comme le vent. »
— « Tout beau ! jeune zéphir, un peu moins de jactance
« Je ne radote aucunement.
« Le plus lent de nous deux n’est pas celui qu’on pense.
« Voyons, tenez-vous le pari ?… »
Le lièvre en souriant lui répond par un oui.
Ils partent. Celui-ci dévance