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XXXIII.

LE RAT ET SES AMIS.


Certain rat, jeune encore et sans expérience,
Découvrit un vieux magasin
Qui gémissait chargé de farine et de grain.
Il y porta ses Dieux. Là, du soir au matin,
Au sein du plus profond silence,
L’heureux fripon faisait bombance.
Seul en cette Capoue, aucun chat ne venait
Troubler ses repas ni son somme ;
Bref, son bonheur semblait parfait.
Mais hélas ! notre rat inconstant comme l’homme
Bientôt fut rongé de soucis.
L’ennui le dévorait. Que faire ?…
« Voyons, dit-il un jour, je veux dans ce logis
« Convier d’aimables amis
« Qui sauront au moins me distraire.
« Je crois déjà les voir heureux, reconnaissants,
« Me donner à l’envi les plus tendres caresses…
« Je suis riche après tout, et qu’importe aux puissants
« De faire aux pauvres des largesses ?… »
Voilà donc Rodilard qui court d’un pas léger
Prier les rats du voisinage
De quitter leur triste ménage
Pour accepter chez lui le boire et le manger :
« Ami » ! leur disait-il, d’une voix attendrie,
Vous vivotez en malheureux ;