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« Et puis encor des vins choisis…
« Voyons, que pensez-vous d’une telle existence ?…
« On ne vit qu’une fois, hâtez-vous d’en jouir.
« Venez, dépêchons-nous, déjà la nuit s’avance
« II est pour moi temps de partir. »
— « Bon, excellent ami, votre récit me touche,
« J’en suis vraiment ravi, l’eau m’en vient à la bouche ;
« Allons, courons, volons vers ces lieux enchanteurs… »
Nos rats partent d’un trot rapide.
En peu de temps les voyageurs
Sont devant un logis d’apparence splendide.
Le citadin, par un certain détour,
Conduit son compagnon dans un salon gothique
Où gisaient les débris du festin de ce jour.
Là, sur un tapis magnifique
Ils s’étendent tous deux. Les voilà donc mangeant
Et festinant, et grignotant,
Tour à tour se félicitant,
L’un d’avoir arraché son frère à la misère,
L’autre d’avoir suivi les conseils de son frère ;
Quand, Hélas ! — par malheur rien ne dure ici-bas, —
Dans toute la maison roule un lourd bruit de pas
Accompagné d’un grand fracas.
On ouvre à deux battants la porte de la salle ;
Le citadin détale…
Son compagnon troublé, demi-mort de frayeur,
Se blottit dans un coin. Cependant le bruit cesse ;
Mais le malheureux rat tremble encore de peur !
Vainement son ami le presse
De rester jusqu’au jour : — « non, mon frère, merci,