Page:Stevenson - Enlevé !.djvu/41

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La façade, c’était à la fois une boutique de coiffeur et un bar. En arrière se trouvait une cuisine et une salle à manger. Le dîneur était admis dans une petite pièce glaciale et nue, aux murs d’adobe, meublée de chaises et de tables et ornée de quelques esquisses à l’huile rudement brossées sur le mur, à la mode de Barbizon ou de Cernay. À quelque heure qu’on se présentât, vous trouviez la table mise, avec une nappe pas très propre, et garnie, en guise de surtout, d’un plat de poivrons verts et de tomates, également agréable à l’œil et au goût. Si vous restiez là à méditer avant un repas, vous entendiez Simoneau (le restaurateur) allant et venant dans la cuisine, et remuant la vaisselle… »


La société, qui se réunissait à cette table, était cosmopolite et pittoresque, mais la diversion qu’elle apportait dans la vie de Stevenson ne l’empêchait pas de travailler avec acharnement et d’expédier à Londres de gros paquets de manuscrits.

De San-Francisco, on lui écrivait que Mrs Osbourne se rétablissait, mais que, d’autre part, les choses suivaient leur cours. Son voyage allait-il être inutile. L’énervement et le souci se joignaient à l’épreuve du climat : Stevenson tomba malade.

Sitôt remis, il se décida à rentrer à San-Francisco : il y arriva à la mi-décembre et se logea dans une petite chambre dans le Bush Street. Dans une lettre écrite en janvier 1880 à Sidney Colvin, il décrit ainsi sa vie à San-Francisco, à une époque où sa situation était tout à fait gênée.


« Le matin, par tous les temps, entre huit heures et neuf heures et demie, on peut voir un gentleman très élancé,