Page:Stevenson - L'Île au trésor, trad. Savine-Lieutaud.djvu/12

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J’aime mon air natal, mais lui ne m’aime pas ; et cette délicieuse période se termina en un refroidissement, un vésicatoire et une émigration au Castleton de Braemar en passant par Strathardle et Glenshee.

Là, le vent souffla en tempête et il plut à proportion.

Mon air natal fut pire pour moi que V ingratitude des hommes, et je dus me résoudre à passer une bonne période de temps confiné entre quatre murs dans une maison connue sous le nom lugubre de Cottage de feu miss Mac Gregor.

Et maintenant, admirez le signe du destin.

Un écolier passait ses vacances au Cottage de feu miss Mac Gregor ; il était à la recherche de quelque plat de résistance pour son intellect.

Il n’avait aucune arrière-pensée de littérature.

L’art de Raphaël recevait ses suffrages volages, et avec l’aide d’une plume, d’encre, d’une boîte de couleurs à l’eau et d’un shilling, il eut bientôt fait d’une des pièces du logis une galerie de peinture.

Mon devoir le plus immédiat à l’égard de la galerie fut d’être un visiteur curieux ; et quelquefois, pour me délasser, je rejoignais l’artiste (si on peut le qualifier ainsi) à son chevalet et passais l’après-midi avec lui, dans une généreuse émulation, à colorier des dessins.

Un jour, je fis la carte d’une île. C’était travaillé et, je crois, bellement colorié.

La forme en captiva mon admiration au delà de toute expression.

Elle comprenait des criques qui me plaisaient comme des sonnets ; inconscient de ma destinée, j’étiquetai mon œuvre L’Ile au Trésor.

On m’a dit qu’il y a des personnes qui ne se soucient

pas des cartes ; j’ai peine à le comprendre.

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