Page:Stirner - L’Unique et sa propriété.djvu/162

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tionnel qui peut représenter la puissance spirituelle, car dépourvu de toute signification personnelle, il ne subsiste qu’autant qu’il peut passer pour un pur « esprit », pour une idée. Le roi constitutionnel est le roi véritablement chrétien, pure conséquence du principe chrétien. Dans la monarchie constitutionnelle, il n’y a pas de suprématie individuelle, c’est-à-dire de maître doué d’une volonté réelle ; ici, c’est la liberté individuelle qui domine. Je suis indépendant de tout maître individuel qui pourrait me commander d’un « tel est notre bon plaisir. » La vie chrétienne, la vie spirituelle est accomplie dans l’État constitutionnel.

La bourgeoisie se manifeste absolument libérale. Toute agression personnelle dans la sphère d’action d’un autre révolte le bourgeois : Si le bourgeois voit que l’on dépend de la fantaisie, du caprice, de la volonté d’un homme pris comme individu (c’est-à-dire non autorisé par une « puissance supérieure »), il sort alors son libéralisme et crie « à l’arbitraire. » Bref, le bourgeois-citoyen s’affirme libre de tout ce qu’on appelle ordre (ordonnance) : « Personne n’a rien à m’ordonner ! » Ordre signifie que ce que je dois accomplir est la volonté d’un autre homme, au contraire Loi n’exprime pas la puissance personnelle d’un autre. La liberté du régime bourgeois est celle qui nous fait libres ou indépendants de la volonté d’une autre personne, c’est la soi-disant liberté personnelle ou individuelle ; car être personnellement libre, ce n’est être libre qu’autant qu’aucune autre personne ne peut agir sur la mienne, autrement dit que ce que je puis faire ou ne puis pas faire ne dépend nullement de la détermination personnelle d’un autre.

La liberté de la presse entre autres est une de ces