Page:Stirner - L’Unique et sa propriété.djvu/199

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


privée la faculté d’établir autant de jours de fête qu’elle veut, à la condition qu’elle n’entre pas en conflit avec l’intérêt général[1] ». Toute chose privée est laissée libre, c’est-à-dire n’a pour la Société aucun intérêt.

« L’Église et la religiosité en prohibant toute science ont exprimé ce qu’elles sont, ce qu’elles furent toujours, mais sous une autre apparence, quand on les donnait pour la base et le fondement nécessaire de l’État, — une affaire purement privée. Aussi même quand elles se rattachèrent à l’État, qu’elles firent l’État chrétien, elles prouvèrent par elles-mêmes que l’État n’avait pas encore développé son idée politique générale et se contentait d’établir des droits privés. Elles furent simplement la plus haute expression de ce principe que l’État est chose privée et n’a affaire qu’aux choses privées. Mais quand enfin l’État aura le courage et la force de remplir sa destination finale et d’être libre, quand il sera aussi en situation de donner aux intérêts particuliers et aux affaires privées leur vraie position, — alors l’Église et la religion seront libres comme elles ne l’auront jamais été jusque-là ; elles seront abandonnées à elles-mêmes comme étant choses d’ordre purement privé et satisfaction de besoins purement personnels ; toute individualité, toute municipalité, toute communauté religieuse, pourra pourvoir à la félicité des âmes comme elle l’entendra et de la façon qu’elle jugera nécessaire. Chacun se souciera du salut de son âme, autant que ce sera pour lui un besoin personnel, il reconnaîtra et paiera comme père spirituel celui qui paraîtra lui présenter les meilleures garanties pour la satisfaction des besoins de son âme et finalement la science sera hors de cause[2] ».

  1. Bruno Bauer, Judenfrage, S. 66.
  2. Bruno Bauer, Die gute Sache der Freiheit, S. 62, 63.