Page:Stirner - L’Unique et sa propriété.djvu/206

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égoïsme. Par conséquent la critique et la masse se tiennent sur la même base : des deux côtés, on combat l’égoïsme, on le renie, chacun des partis le renvoie à l’autre.

La critique et la masse poursuivent le même objet, se libérer de l’égoïsme et leur rivalité se ramène à atteindre ce but.

Les juifs, les chrétiens, les obscurantistes, les politiciens, les communistes, bref tous repoussent énergiquement toute accusation d’égoïsme, or, comme maintenant la critique leur fait ce reproche sans métaphore et dans le sens le plus étendu, tous s’en justifient en combattant l’égoïsme, l’ennemi même auquel la critique fait la guerre.

La critique et la masse sont toutes deux ennemies de l’égoïsme et cherchent toutes deux à s’en libérer aussi bien en s’en lavant et en s’en purifiant, qu’en l’attribuant à la partie adverse.

La critique est le vrai « porte-paroles de la masse » qui lui donne « l’idée simple et les façons de parler » de l’égoïsme ; en comparaison les porte-paroles auxquels la Lit. Ztg., V. 24, donne la palme, n’étaient que des mazettes. Il en est le prince et le général en chef dans la guerre d’affranchissement qu’elle mène contre l’égoïsme, et elle combat ce qu’il combat. Il est en même temps son ennemi, non pas manifestement, mais un ennemi-ami, qui agite le knout derrière les pusillanimes pour les forcer au courage.

En conséquence, l’antagonisme de la critique et de la masse se réduit au dialogue suivant : Vous êtes des égoïstes ! — non, nous ne le sommes pas ! — Je vous le prouverai ! — Nous nous justifierons !

Prenons-les donc tous deux pour ce qu’ils se don-