Page:Stowe - Marion Jones.djvu/38

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avaient travaillé à son embellissement depuis les jours de la bonne dame Jones. On voyait sur une jolie table ronde un vase de fleurs, quelques livres de poésie, un petit panier à ouvrage d’où s’échappaient des échantillons de broderie, un petit pupitre avec écritoire, et l’album indispensable dans la collection d’une dame avec ses feuilles de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, renfermant des vers à la louange de Marion.

— Ah ! ah ! dit en lui-même M. Joseph Adams, cette paisible beauté ne manque pas d’adorateurs, ce me semble. Son cœur serait-il déjà pris ? Le bruit imperceptible d’un pas léger et le frôlement d’une robe vinrent interrompre le cours de ses observations, et miss Marion parut devant lui.

— Bonjour, miss Jones, dit-il en s’inclinant.

Il y a quelque chose d’assez comique pour deux jeunes gens qui se sont connus enfants et sous les dénominations familières de Marion ou Joseph, de se retrouver grands, et de se dire pour la première fois monsieur et mademoiselle. Tous deux sont enclins à reprendre la familiarité de leur âge, et sont gauchement retenus dans leur élan par la