Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/127

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succéda un calme triste, et il dit à Rodin :

— Je ne m’attendais pas, en effet, monsieur, à vous rencontrer dans cette maison.

— Hélas ! mon Dieu, monsieur, répondit Rodin en soupirant, je ne croyais pas non plus devoir y venir probablement finir mes tristes jours, lorsque je suis allé, sans vous connaître, mais seulement dans le but de rendre service à un honnête homme… vous dévoiler une grande indignité.

— En effet, monsieur, vous m’avez alors rendu un véritable service… et peut-être, dans ce moment pénible, vous aurai-je mal exprimé ma gratitude… car, à l’instant même où vous veniez me révéler la trahison de M. de Blessac…

— Vous avez été accablé par une nouvelle bien douloureuse pour vous, dit Rodin en interrompant M. Hardy ; je n’oublierai jamais la brusque arrivée de cette pauvre dame, pâle, effarée, qui, sans s’inquiéter de ma présence, est venue vous apprendre qu’une personne dont l’affection vous était bien chère venait tout à coup de quitter Paris.

— Oui, monsieur, et, sans songer à vous remercier, je suis parti précipitamment, reprit M. Hardy avec mélancolie.

— Savez-vous, monsieur, dit Rodin après un