Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/153

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prêtres dans la complète ignorance de la gloire et du nom paternel ; et que, par une exécrable machination, on tentait chaque jour de comprimer, d’éteindre les instincts vaillants et généreux qui se manifestaient chez ce malheureux enfant ; les âmes les plus froides étaient alors émues, attendries, au récit de sa touchante et fatale destinée.

En se rappelant le caractère héroïque, la loyauté chevaleresque du maréchal Simon, en acceptant son culte passionné pour l’empereur, on comprend que le père de Rose et de Blanche devait plus que personne s’intéresser ardemment au sort du jeune prince, et que si l’occasion se présentait, le maréchal devait se regarder comme obligé à ne pas se borner à de stériles regrets.

Quant à la réalité de la correspondance exhibée par l’émissaire de Rodin, cette correspondance avait été indirectement soumise par le maréchal à une épreuve contradictoire, grâce aux relations d’un de ses anciens compagnons d’armes, longtemps en mission à Vienne du temps de l’empire ; il résulta de cette investigation, faite d’ailleurs avec autant de prudence que d’adresse afin de ne rien ébruiter, il résulta que le maréchal pouvait écouter sérieusement les ouvertures qu’on lui faisait.