Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/161

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— Vous voyez bien, M. Dagobert, répondit Jocrisse en montrant son panier, je venais d’apporter du bois dans la chambre de M. le duc, pour le brûler, s’il avait froid… parce qu’il le fait…

— C’est bon, ramasse ton panier et file.

— Ah ! M. Dagobert, j’en ai encore les jambes toutes bistournées… Quelle peur ! quelle peur !… quelle peur !

— T’en iras-tu, brute que tu es ? reprit le vétéran.

Et, prenant Jocrisse par le bras, il le poussa vers la porte, tandis que Rabat-Joie, couchant ses oreilles pointues et se hérissant comme un porc-épic, paraissait disposé à accélérer la retraite de Jocrisse.

— On y va, M. Dagobert, on y va, répondit le niais en ramassant son panier à la hâte ; dites seulement à Rabat-Joie de…

— Va-t’en donc au diable, imbécile bavard ! s’écria Dagobert en mettant Jocrisse dehors.

Alors Dagobert poussa le verrou de la porte de l’escalier dérobé, alla vers celle qui communiquait à l’appartement des deux sœurs, et donna un tour de clef à sa serrure.

Ceci fait, le soldat, s’approchant rapidement de l’alcôve, passa dans la ruelle, décrocha de la panoplie une paire de pistolets de guerre,