Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/332

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Je réponds de tout ; et vous, infirmier, ne venez que lorsque j’appellerai…

Puis le jeune missionnaire fit jouer le pêne de la serrure.

À ce moment, un cri de terreur, de pitié, d’admiration, sortit de toutes les poitrines, et les spectateurs de cette scène, rassemblés autour de la porte, s’en éloignèrent en hâte par un mouvement d’épouvante involontaire.

Après avoir levé les yeux au ciel comme pour invoquer Dieu à cet instant terrible, Gabriel poussa la porte et la referma aussitôt sur lui.

Il se trouva seul avec Morok.

Le dompteur de bêtes, par un dernier effort de fureur, était parvenu à ouvrir presque entièrement la porte à laquelle la sœur Marthe et les orphelines se cramponnaient, agonisantes de frayeur, en poussant des cris désespérés.

Au bruit des pas de Gabriel, Morok se retourna brusquement.

Alors, loin de persister à entrer dans le cabinet, d’un bond il s’élança en rugissant sur le jeune missionnaire.

Pendant ce temps, la sœur Marthe et les orphelines, ignorant la cause de la retraite de leur agresseur, et profitant de ce moment de répit, poussèrent intérieurement