Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/331

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D’après ses ordres, un infirmier le suivait, tenant à la main un réchaud portatif, rempli d’une braise ardente, au milieu de laquelle chauffaient à blanc plusieurs fers à cautériser dont les médecins se servaient dans quelques cas de choléra désespérés.

L’angélique figure de Gabriel était pâle ; mais une calme intrépidité éclatait sur son noble front. Traversant précipitamment le vestibule, écartant de droite et de gauche la foule pressée sur son passage, il se dirigeait en hâte vers l’antichambre. Au moment où il s’en approchait, un des malades lui dit d’une voix lamentable :

— Oh ! M. l’abbé… c’est fini ; ceux qui sont dans la cour et qui voient à travers les vitres, disent que la sœur Marthe est perdue…

Gabriel ne répondit rien, mit vivement la main sur la clef de la porte ; mais avant de pénétrer dans cette pièce où était renfermé Morok, il se retourna vers l’infirmier et lui dit d’une voix ferme.

— Vos fers sont chauffés à blanc ?

— Oui, M. l’abbé.

— Attendez-moi là… et tenez-vous prêt. Quant à vous, mes amis, ajouta-t-il en s’adressant à quelques malades frissonnant d’effroi, dès que je serai entré… fermez la porte sur moi…