Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/515

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qui s’épaississaient davantage, car la petite lampe les dissipait à peine.

— Mais…, dit Rodin, de plus en plus surpris et en s’arrêtant court, pourquoi aller… dans ce lieu ?

— L’argent y est…, répondit Samuel.

Et il montait toujours.

— L’argent y est ? C’est différent, reprit Rodin.

Et il se hâta de gagner les quelques marches qu’il avait perdues pendant son temps d’arrêt.

Samuel montait… montait toujours.

Arrivé à une certaine hauteur, l’escalier faisant brusquement un coude, les deux jésuites purent apercevoir, à la pâle clarté de la petite lampe, et dans le vide laissé entre la balustrade de fer et la voûte, le profil du vieil Israélite qui, les dominant, gravissait l’escalier en s’aidant péniblement de la rampe de fer.

Rodin fut frappé de l’expression de la physionomie de Samuel ; ses yeux noirs, ordinairement doux et voilés par l’âge, brillaient d’un vif éclat… Ses traits, toujours empreints de tristesse, d’intelligence et de bonté, semblaient se contracter, se durcir, et de ses lèvres minces il souriait d’une façon étrange.

— Ce n’est pas excessivement haut, dit tout