Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 12.djvu/123

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pernicieux projets du milord Arlington et la cabale d’une fraction de la chambre des Communes très-désireuse d’un rapprochement de l’Angleterre avec l’Espagne, l’Empire et la république des Provinces-Unies.

» Je vous l’avoue, mon cher enfant, j’envisage non moins radieusement que vous ne l’envisagez vous-même la profonde satisfaction qu’un pareil résultat causerait à notre maître ; aussi, à ce sujet, remémorez-vous très-judicieusement dans votre lettre les prodigieuses faveurs emportées de haute main par M. de Vivonne depuis que madame sa sœur, la marquise de Montespan, a été honorée des regards du roi et qu’elle a eu l’auguste bonheur de lui donner progéniture. Donc, si nos projets succèdent selon nos désirs, bien que les choses se doivent passer en Angleterre, vous n’en deviendriez pas moins, mon cher élève, en ce qui touche la faveur de notre maître, vous n’en deviendriez pas moins, dis-je, le Vivonne de notre belle Montespan britannique, en ceci que notre grand roi vous comblera de ses grâces si, moyennant votre sœur, S. M. d’Angleterre, loin de dévoyer de l’alliance française, s’y maintient plus fermement que jamais et continue d’aider notre maître à ruiner, à écraser les sept Provinces-Unies, qu’il faut réduire en poudre, car depuis trop longtemps leur hérésie, leur insolence républicaine et leur richesse sont le scandale de l’Europe… À ce sujet, j’ajouterai que, mettant à profit mon séjour à La Haye, je crois, d’après mes observations et certains entretiens avec une personne de notre compagne, que l’on ne soupçonne point de nous appartenir, A.M.D.G. (entretiens que je compléterai tout à l’heure dans le post-scriptum de cette lettre, me réservant de la cacheter chez ce bon père), je crois, dis-je, que l’on pourrait porter un coup formidable à cette république ensabbatée en la… »

Mais l’inconnu s’interrompit, et s’adressant à mademoiselle de Plouernel :

— Le reste de l’épître a uniquement trait aux confidences d’un