Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 12.djvu/312

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sa grande maladie, elle ne s’est jamais mieux portée… elle est plus belle, plus fraîche que je ne l’ai jamais vue !… Elle paraît calme, heureuse, tout cela devrait me rassurer… et pourtant… — Mais Marion, s’interrompant, prête l’oreille du côté de l’une des portes du salon et dit : — J’entends des pas… qui donc peut venir à cette heure ?…

La porte s’ouvre, et Marion voit entrer Du Buisson, le vieil écuyer qui accompagnait mademoiselle de Plouernel sur la route de Mezléan lors de la rencontre du cortège nuptial de Tina.

— Dieu soit béni ! enfin, Du Buisson, vous voilà de retour… Eh bien ! quelles nouvelles ?

— Mauvaises, ma chère Marion, très-mauvaises !…

— Grand Dieu !… Ainsi, M. Nominoë Lebrenn ?…

— Il aura partagé le sort de tant d’autres… Impossible de trouver ses traces ni celles de son père…

— Ah ! ma pauvre Berthe ! ma pauvre Berthe !

— Heureusement, mademoiselle est courageuse !… Elle n’avait d’ailleurs guère d’espoir dans le bon succès de la commission qu’elle m’a donnée… je l’ai du moins exécutée de mon mieux… Comment est la santé de mademoiselle ?

— Excellente !

— Le ciel soit loué ! Je craignais de la trouver aussi triste qu’elle l’était lorsque j’ai quitté Mezléan.

— Non, peu à peu sa tristesse a passé, ou du moins ne se montre plus. Mademoiselle va faire chaque jour une longue promenade au bord de la mer, du côté des pierres de Karnak, car elle semble affectionner cet endroit désert ; puis elle rentre, se met à lire le cahier du colonel de Plouernel, reste, surtout le soir, rêveuse pendant des heures en regardant le ciel, et semble très-attristée lorsque les étoiles sont cachées par les nuages…

— Elle devait être bien impatiente de me voir de retour ?

— Oui ; car, autant que j’ai pu en juger par quelques mots qu’elle