Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 12.djvu/89

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que vous me ferez la justice de me croire, aussi véritablement que je le suis, votre très humble et très-obéissant serviteur.

« Le maréchal de Bellefonds. »...............................

Les prévisions de M. le maréchal de Bellefonds se réalisèrent ; la Bretagne, décimée par les supplices fut pour longtemps ruinée par les gens de guerre qui la soumirent, ainsi qu’on l’a lu dans la correspondance de madame de Sévigné.

Nous pourrions appuyer ces lettres d’une foule de documents inédits et non moins irrécusables que ceux que nous vous avons exposés, chers lecteurs ; à l’aide de ces documents, nous pourrions aussi prouver que, du moins, cette insurrection, dont le premier cri fut jeté par une femme du peuple, la pauvre Éveillonne, cette insurrection, malgré les maux, le sang qu’elle coûta, ne fut point absolument stérile ; la seigneurie et le clergé, épouvantés des représailles de leurs vassaux poussés au désespoir, allégèrent quelque peu leur joug, et plus tard, après l’apaisement de la première fureur d’une réaction cupide et féroce, les nouveaux impôts, sans être abolis, furent plus équitablement répartis ; enfin, Colbert poursuivit plus fructueusement, quoique d’une manière bien incomplète encore, la répression des excès de la soldatesque ; mais nous craindrions d’abuser de votre patience, chers lecteurs, en prolongeant cette lettre, déjà très-étendue. Elle nous a cependant paru indispensable, afin d’établir à l’avance, selon notre coutume, la réalité historique des faits principaux du récit qui va suivre.

Savoie, Annecy-le-Vieux, 2 avril 1855

Eugène Süe.
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