Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/29

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



LA GARDE DU POIGNARD.


KARADEUK LE BAGAUDE ET RONAN LE VAGRE.


(de 529 à 615)


«…Je ne sais par quels prestiges diaboliques
il faisait tout cela, mais il séduisit ainsi une
immense multitude de peuple, et il se mit à piller
et à dépouiller ceux qu’il trouvait sur son
chemin, et à distribuer leurs dépouilles à
ceux qui n’avaient rien. »

(Grégoire de Tours, Histoire des Franks,
v. IV, l. X, p.111.)




CHAPITRE PREMIER.


Le chant des Vagres et des Bagaudes. — Ronan et sa troupe. — La villa épiscopale. — L’évêque Cautin. — Le comte Neroweg et l’ermite laboureur. — Prix d’un fratricide. — La belle évêchesse. — Le souterrain des Thermes. — Les flammes de l’enfer. — L’attaque. — Odille, la petite esclave. — Ronan le Vagre. — Le jugement. — Prenons aux seigneurs, donnons au pauvre monde. — Départ de la villa épiscopale.




« Au diable les Franks ! vive la Vagrerie et la vieille Gaule ! c’est le cri de tout bon Vagre (A)… Les Franks nous appellent Hommes errants, Loups, Têtes de loups !… Soyons loups…

» Mon père courait la Bagaudie, moi je cours la Vagrerie ; mais tous deux à ce cri : — Au diable les Franks ! et vive la vieille Gaule !…


» Aelian et Aman, Bagaudes (B) en leur temps, comme nous Vagres en le nôtre, révoltés contre les Romains, comme nous contre