Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/319

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ces dispositions, ne songèrent pas à résister sérieusement, après un léger engagement ils se rendirent. Cependant, Gondowald ayant, dans un premier mouvement de surprise et de rage, levé son épée sur Loysik et blessé un des moines, qui avait couvert le vieillard de son corps, Gondowald, quoique chambellan de sa glorieuse reine Brunehaut, fut terrassé, roué de coups et vit ses hommes désarmés, après leur résistance inutile, qui leur valut force horions appliqués par des mains gauloises et fort rustiques. Mais, grâce à l’intervention de Loysik, il ne coula, dans cette rapide mêlée, d’autre sang que celui du moine légèrement blessé par Gondowald ; ce noble chambellan fut, par précaution, solidement garrotté au moyen des menottes et du trousseau de cordes dont il s’était muni à l’intention de Loysik, avec une prévoyance dont le vieux Ronan lui sut gré.

— Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, je vous excommunie tous ! — s’écria l’archidiacre blême de fureur. — Anathème à celui qui oserait porter une main sacrilège sur moi, prêtre et oint du Seigneur !

— Ne me tente pas, crois-moi, oint que tu es ! car tout vieux que je suis, foi d’ancien Vagre, j’ai terriblement envie de mériter ton excommunication, en appliquant sur ton échine sacrée une volée de coups de fourreau d’épée !

— Ronan, Ronan ! pas de violence, — dit Loysik ; — ces étrangers sont venus ici en ennemis, ils ont versé le sang les premiers ; vous les avez désarmés, c’était justice…

— Et leurs armes enrichiront notre arsenal, — dit Ronan. — Allons, enfants, récoltez-moi cette bonne moisson de fer… Par ma foi, nous serons armés comme des guerriers royaux !

— Que ces soldats et leur chef soient conduits dans une des salles du monastère, — ajouta Loysik ; — ils y seront enfermés, des moines armés veilleront à la porte et aux fenêtres.

— Oser me retenir prisonnier, moi ! officier de la maison de la reine Brunehaut ! — s’écria Gondowald en grinçant des dents et se