Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 4.djvu/42

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— Il n’y en a pas…

— Il n’y a pas d’enfer ! Seigneur, Seigneur ! ayez pitié de ce barbare. Ouvrez-lui les yeux par un miracle… Comte, sens-tu cette odeur de soufre ?

— Je sens… une odeur très-puante.

— Vois-tu cette fumée qui sort à travers ces dalles ?

— D’où vient cette fumée ? — s’écria Neroweg effrayé, en se levant de table et se reculant de l’endroit du sol d’où sortait une vapeur noire et épaisse ; — évêque, quelle est cette magie ?

— Seigneur, mon Dieu ! vous avez entendu la voix de votre serviteur indigne, — dit Cautin en joignant les mains et se mettant à genoux, — vous voulez vous manifester aux yeux de ce barbare… Tu demandes où est l’enfer ? Regarde à tes pieds ; vois ce gouffre, vois cette mer de flammes prête à t’engloutir…

Et l’une des dalles de la mosaïque s’enfonçant sous le sol au moyen d’un contrepoids, laissa béante une large ouverture d’où s’échappèrent de grands tourbillons de feu répandant une forte odeur de soufre.

— La terre s’entr’ouvre, — s’écria le Frank livide de terreur, — du feu ! du feu ! sous mes pieds.

— C’est le feu éternel, — dit l’évêque en se redressant menaçant, tandis que le comte tombait à genoux cachant sa figure entre ses mains, — ah ! tu demandes où est l’enfer, impie, blasphémateur !

— Patron, mon bon patron, aie pitié de moi !

— Entends-tu ces cris souterrains ? Ce sont les démons ; ils viennent te chercher. Entends-tu comme ils crient : Neroweg, Neroweg ! le fratricide ! Viens à nous ! Caïn, tu es à nous !

— Ces cris sont affreux… Mon bon père en Christ, prie le Seigneur de me pardonner !

— Ah ! te voilà à genoux, pâle, éperdu, les mains jointes, les yeux fermés par l’épouvante… Demanderas-tu encore où est l’enfer ?

— Non, non, évêque, saint évêque Cautin ; absous-moi de la