Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 5.djvu/212

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de ces torches et de ce tumulte ; il me faut accomplir au plus tôt le message de Ricarik. Je n’ai pas un instant à perdre, vite, dépêchons-nous.

— Mais il se passe quelque chose d’extraordinaire dans l’intérieur du monastère !

— C’est pour cela que l’intendant m’envoie si précipitamment en message… Hâte-toi, le temps presse…

— Ah ! c’est différent, vieux Bonaïk, — répondit Bernard en doublant le pas. Il arriva bientôt à la clôture extérieure dont il ouvrit la porte. À ce moment, le vieillard siffla ; le portier, très-surpris, lui dit : — Qui siffles-tu ?

— Moi ?

— Oui…

— Comment ?

— Es-tu sourd ? je te demande qui tu siffles ?

— Qui je siffle, moi ?

— Oui, toi. Voici la porte ouverte. Sors donc, puisque tu es si pressé. Mais j’entends des pas ; on accourt de ce côté. Qu’est-ce que ces gens-là ? — dit Bernard, en haussant sa lanterne. — Il y a deux femmes…

Bonaïk coupa court aux réflexions du portier en criant : — Ôtez la clef de la porte et tirez-la sur vous, le portier restera enfermé. À peine le vieillard eut-il prononcé ces paroles, qu’Amael, les apprentis, Rosen-Aër et Septimine se précipitèrent à travers l’issue ouverte ; puis l’un des jeunes esclaves, repoussant rudement Bernard dans l’intérieur de la cour, ôta la clef de la serrure, tira la porte à lui et la ferma en dehors. Bonaïk ramassa la lanterne et cria : — Hé ! du bateau !

— Par ici ! — répondirent plusieurs voix, — par ici… il est amarré au gros saule.

— Maître Bonaïk, — dit un des apprentis, — nous sommes poursuivis ; le portier appelle à l’aide. Voyez ces lueurs ; elles