Page:Sue - Les mystères de Paris, 8è série, 1843.djvu/153

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


faire honneur à ce repas, sans s’inquiéter du meurtre qu’il allait froidement commettre.

– Va donc voir si Pique-Vinaigre n’arrive pas. En attendant d’étrangler Germain, j’étrangle la faim et la soif ; n’oublie pas de dire au Gros-Boiteux qu’il faut que Frank saute aux crins de l’huissier pour qu’on débarrasse la Fosse-aux-lions de tous les deux.

– Sois tranquille, Mort-d’avance, si Frank ne roule pas l’huissier, ça ne sera pas notre faute…

Et Nicolas sortit du chauffoir.

À ce moment même, maître Boulard entrait dans le préau en fumant un cigare, les mains plongées dans sa longue redingote de molleton gris, sa casquette à bec bien enfoncée sur ses oreilles, la figure souriante, épanouie ; il avisa Nicolas, qui, de son côté, chercha aussitôt Frank des yeux.

Frank et le Gros-Boiteux dînaient assis sur un des bancs de la cour ; ils n’avaient pu apercevoir l’huissier, auquel ils tournaient le dos.

Fidèle aux recommandations du Squelette, Nicolas, voyant du coin de l’œil maître Boulard venir à lui, n’eut pas l’air de le remar-